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I am back!

Pour ceux qui ne m'ont pas (encore) oubliée, voilà l'adresse de mon nouveau blog: http://wrath.typepad.com/

5.9.06 23:50


A bientôt!

Je dois de nouveau m'absenter pour quelques jours...En attendant, vous pouvez toujours lire mes nouvelles Wrath et Dignitas et me donner votre avis: wrath_lmj@yahoo.fr

Je vous donne rendez-vous début septembre, avec un nouveau blog qui permettra 1) d'échapper à l'anarchie qui règle sur 20six (problèmes de connexion, pas de webmaster...) 2) de supprimer les spams et autres commentaires indésirables plus facilement, avec un tri des adresses IP.

Je pourrais alors exercer ma nature omnipotente en toute tranquillité En attendant, j'ai bloqué les commentaires, mais vous pouvez toujours me joindre par email.

Au programme de la rentrée: la suite de mes "aventures" éditoriales, la publication d'une troisième nouvelle, et quelques nouveautés...

See you soon!

24.8.06 21:16


Rebels and martyrs

« Now I’ve got a really bad image of the French society », m’a dit une copine danoise hier. En fait, elle venait d'écouter un reportage sur les tentes distribuées aux SDF, et dont se plaignent les riverains. Je lui ai expliqué que les Français de métropole sont, contre toute logique, FIERS de leur modèle social. Et pire : qu’ils passent leur temps à cracher sur le « modèle anglo-saxon »… Au fond, les Français ont toujours été des nationalistes bornés, d’où une incapacité totale à s’adapter à la mondialisation. « So you don’t want to come back to France ? », a demandé mon amie. No comment (voir ICI).

Bref, la soirée avait mal commencé. Heureusement, l’expo « Rebels and martyrs » à la National Gallery m’a remonté le moral. En général, j’ai horreur des approches didactiques, genre « l’art pour les nuls ». Mais là, les explications sur l’image de l’artiste s’accompagnent de portraits vraiment intéressants. Les salles sont organisées par thèmes:

_ l’artiste romantique maudit, avec notamment un auto-portrait de Courbet façon « je mérite ma place en asile ». En résumé : le public ne reconnaît jamais les génies, qui sont destinés à souffrir dans l’anonymat.

_le dandy : après les excès des artistes bohémiens (les « grunges » de l’époque), retour à une toilette soignée. Le chef de file est bien sûr Aubrey Beardsley, qui a illustré « Salomé » d’Oscar Wilde.

_ le martyr, avec un magnifique portrait de Gauguin (L’agonie dans le jardin). Les artistes pauvres, souffreteux et inconnus s’identifient alors au Christ. Ils transforment une situation de fait (l’absence de reconnaissance) en exigence : sans souffrance, pas d’art digne de ce nom.

 

Mon optimisme naturel me fait penser que je suis bien partie pour devenir une martyre de la littérature. Mais bon, je n’ai pas d’autre solution que de continuer à écrire et d’attendre, toujours attendre…

24.8.06 12:28


Pas de nouvelle (suite)

 Mikaël Hirsch, dont le roman est en attente de publication chez Ramsay, se plaint du « manque d’attention » de son éditrice : « Si le milieu de l’édition enseigne quelque chose, c’est bien la patience, la résignation aussi parfois, mais surtout la patience. Les mois et les années s’écoulent. Les projets battent de l’aile, s’étiolent, mais survivent tout de même dans un état végétatif proche du coma. Un coup de téléphone suffit alors et c’est la réanimation, les soins intensifs. […] Il est étrange de constater qu’une fois dans la place, le refus pur et simple devient tout simplement tabou. On cherche sûrement ainsi à ménager ceux qui l’ont trop subi durant le siège de la forteresse. »

La patience est nécessaire, certes. Mais que faire quand un éditeur ne donne pas signe de vie depuis des mois ? Que faire quand on envoie des e-mails et que l’on appelle régulièrement, sans obtenir aucune réponse ? Vous l’avez deviné, c’est exactement ma situation.

Est-ce que Gilles Cohen Solal, des éditions Héloïse d’Ormesson, n’est plus intéressé par mon roman ? Après tout, je devais commencer les modifications de « Crevez tous, useless cunts » au mois de mai, et signer le contrat en juillet… Puisque je vais à Paris vendredi 25/08, j’ai essayé d’obtenir un rendez-vous, mais toujours pas de réponse. Comme je sais que G. Cohen-Solal lit ce blog de temps en temps, j’espère attirer son attention…

Et si vous avez des conseils judicieux, n’hésitez pas !

23.8.06 16:33


Retour d'Allemagne

 Drieu la Rochelle avait raison : l’Allemagne est vraiment un grand pays. Mon voyage à Düsseldorf, Cologne et Aachen (Aix-la-Chapelle) a tourné en expérience mystico-artistique : église-art contemporain-église-(bière)-église…

J’ai eu une sorte de révélation dans la cathédrale d’Aachen (image du Dom ci-dessus) : le fameux bleu qui a fait la gloire d’Yves Klein est exactement le même que celui utilisé pour les vitraux, un bleu marine translucide, très lumineux. L’art contemporain est chrétien, sans aucun doute. La raison en est simple : jamais la grandeur de la chrétienté, tant politique qu’artistique, ne sera égalée. Charlemagne l’avait parfaitement compris : prenez le meilleur de l’empire romain (la dimension cosmopolite et expansionniste), ajoutez-y la foi dans le Crucifié, et vous obtenez une époque grandiose.

Houellebecq a raison : aucune civilisation ne peut tenir sans religion. Ou plutôt, si, elle peut tenir, au prix de suicides massifs et d’un nihilisme généralisé.

Prenons l’exemple des bombardements alliés (voir l’excellent livre de Sebald à ce propos), qui ont laissé la plupart des églises de la région Nordrhein-Wesfalen à l’état de ruines. Les restaurations ont été achevées dans les années 80, mais il reste une forme d’amertume pour tout visiteur : ni les civils, ni les monuments n’ont une quelconque importance dans notre « civilisation » nihiliste.

Je n’ai pas envie de penser que le futur sera meilleur, que les lendemains chanteront. Je pense au contraire que le meilleur est dernière nous. Je pense que rien, absolument rien, ne nous sauvera du suicide généralisé. Pendant mon voyage, j’ai d’ailleurs relu quelques chapitres de « Crevez tous, useless cunts » et j’ai été frappée rétrospectivement par le fil conducteur du roman, par l’absence absolue d’espoir et de promesse.

« Fear, recrimination, innocence, sympathy, guilt, waste, failure, grief, were things, emotions, that no one really felt anymore. Reflection is useless, the world is senseless. Evil is its only permanence. God is not alive.” (Bret Easton Ellis, American Psycho)

22.8.06 13:45


L'essence d'un tueur

Après avoir parlé des imitations de Bret Easton Ellis (ICI), il était largement temps que j’évoque le Maître. Disons-le tout de suite : je n’aime plus ce qu’Ellis est devenu depuis Glamorama. Son dernier roman, Lunar Park, m’a beaucoup déçue : on a vraiment l’impression qu’il « fait du Ellis » (personnages vides, qui ne croient en rien, ne ressentent aucune émotion véritable). Sans compter la pathétique imitation de Stephen King dans la seconde partie du roman.

Pourtant, Ellis mérite le plus grand respect : quand on a écrit « American Psycho », on peut se reposer jusqu’à la fin de ses jours. Patrick Bateman est devenu un archétype, un personnage tellement parfait qu’il prend une dimension universelle. Contrairement à la plupart des gens autour de lui, Bateman a une vie intérieure, des pensées interdites, des actes inacceptables : tout son personnage tient dans l’écart entre son « moi social » et son « moi destructif » (pour paraphraser Proust)

Dans  « The bonfire of vanities », Tom Wolfe avait déjà essayé de créer un personnage de yuppie complètement amoral: mais Sherman n’est pas Bateman. Il lui manque une dimension de souffrance, de profonde horreur de son milieu.

Comme tout chef d’œuvre, « American Psycho » a donné lieu à différentes interprétations : Bateman aurait imaginé tous ses crimes, ce qui explique qu’il ne soit jamais sérieusement menacé par la police.

Ellis a probablement pensé à cette hypothèse en écrivant le roman : ses éditeurs lui avaient demandé un véritable thriller, avec enquête, courses-poursuites, etc…, ce qu’il a refusé de faire.

Que Bateman soit un véritable tueur n’a finalement aucune importance, puisque par essence, il suinte le mal et la volonté de revanche. Il y a une phrase que j’adore (la toute première de « Play it as it lays » de Joan Didion) : « What makes Iago evil ? some people ask. I never ask »

Je ne veux pas savoir pourquoi Patrick Bateman est evil : je sais qu’il l’est.  Savoir s’il réalise son essence de tueur ou non, je laisse la question aux post-Sartriens…

17.8.06 18:26


Expats et bronzés

 Je vous rassure : je ne passe pas toutes mes soirées à lire Barthes ou Gaspard Koenig en m’épongeant le front. Il m’arrive de regarder des films sans prétention, comme « Les Bronzés 3 : amis pour la vie ». Bon, c’est plutôt distrayant, sans plus...

Pour ceux qui l’ont vu, vous vous souvenez que Gigi (l’inimitable Marie-Anne Chazel) et Jean-Claude Dusse (Michel Blanc) se sont retrouvés aux States et forment maintenant le parfait couple d’expatriés richissimes.

Jean-Claude est devenu J.C. (prononcez Jessy), le maître de la perruque funky. Quant à Gigi, elle s’est transformée en bimbo siliconée et bronzée, après son succès dans la peinture des chiens des stars.

 

On est d’accord, c’est juste un film comique : pour faire rire, il faut toujours forcer le trait. Mais au fond, ce portrait de Français exilés aux Etats-Unis correspond tout à fait aux clichés en vigueur dans l’hexagone.

Un Français vivant à l’étranger, c’est forcément :

  • Temporaire : on part pour apprendre l’anglais, puis on revient dans son beau pays natal.
  • Un méchant capitaliste travaillant à la City, se baignant dans le champagne et marchant sur les pieds des SDF.
  • L’oncle d’Amérique : un aventurier partant faire fortune, et qui prend tous les ridicules du pays d’accueil (cas de Gigi et Jessy)

    J’ai bien peur de ne rentrer dans aucune de ces cases. Tout se passe comme si les Français de la métropole refusaient de voir que chaque année, des milliers de jeunes partent s’installer définitivement à l’étranger, par nécessité économique (voir le blog de Jules ou celui de Vladimir Cordier) Parce que « expatrié », ça fait quand même plus chic que « immigré »…

Comme la plupart des lecteurs de ce blog vivent en France, j’aimerais quand même poser une question : comment expliquez-vous cet aveuglement sur l’exode massif des jeunes diplômés ?

16.8.06 13:12


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